De la première à la dernière étape pour composer un rythme de batterie

Bienvenue à nouveau sur batteur pro ! Comme ce n'est pas la 1ère fois que vous venez ici, vous voudrez sans doute lire mon livre qui vous explique de façon détaillée comment faire pour travailler votre technique de baguettes grâce aux techniques de doigts , travailler votre rebond efficacement , 11 techniques de grosse caisse et bien d'autres choses indispensables pour jouer de la batterie cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement ! 🙂

 

composer un rythme de batterie

 

Si on devait résumer ce qui motive les foules en musique à un seul point, ce serait sans nul doute “ un rythme qui bouge” .

Il suffit de voir les réactions d’un public dansant sur une pulsation effrénée pour comprendre à quel point un rythme bien construit peut faire la différence dans une composition.

Et cela débute tout d’abord par la construction du rythme de la batterie ou des percussions.

 

Ce groupe d’instruments est d’ailleurs le tout premier à avoir existé sur cette terre, bien avant les instruments mélodiques (hormis la voix).

Et si nous nous lancions dans la construction d’un rythme qui marche à tous les coups ?

 

Cet article fait partie d’un évènement inter-blogs organisé par Dario du blog Créer-sa-propre-musique.com  sur le thème « La première étape pour … ». Sur son blog, il parle de la “Musique-Assistée-par-Ordinateur”. Je vous encourage d’ailleurs à lire son article sur la composition de partie de batterie réaliste.

Ce qui définit un bon rythme

9352416626_3bd2998558_zParlons essentiellement des rythmes de batterie, vu que cet instrument est présent dans 99 % des musiques que nous entendons chaque jour dans notre vie.

Une rythmique efficace et qui va droit à l’essentiel pourrait se résumer à une sensation de balancement régulier.

Cette sensation est produite  généralement par la répétitivité et la régularité du rythme.

 

 

Ce côté répétitif est particulièrement présent dans les compositions des morceaux diffusés en boites de nuit (le boom régulier de la grosse caisse par exemple).

Le balancement du rythme peut aussi provenir des oscillations entre fréquences hautes et fréquences basses.

 

Par exemple : le rythme de batterie le plus connu (rock) est composé d’une alternance entre une note aigue (la caisse claire) et une note grave (la grosse caisse).

La symétrie a, elle aussi, un rôle très important dans l’efficacité de certains rythmes.

Pour revenir sur le rythme du rock, celui-ci est symétrique à la fois par son coté grave vs aigu mais aussi par la manière dont la mesure est divisée en deux parties égales.

 

10 rythmes de batterie incontournables 1

Une bonne rythmique peut donc se résumer par son coté :

  • Régulier
  • répétitif
  • Symétrique

Mais tout n’est pas aussi simple car, sinon, nous serions forcé d’écrire tout le temps les mêmes rythmes, et l’oreille humaine aime être charmée par l’inconnu et la surprise !

L’after beat comme point commun

Soyons efficace à 100% et utilisons donc une recette musicale universelle pour écrire notre rythmique.

Cette recette s’appelle : l’after beat.

Vous me direz : mais c’est quoi l’after beat ?

En fait, c’est tout simplement le Tchac de caisse claire du rythme rock (qu’on peut chanter en onomatopées en disant Poum Tchac).

Celui-ci se situe TOUJOURS sur le deuxième et le quatrième temps de la mesure.

Le terme “after beat”, qu’on peut traduire littéralement par “l’après-temps” , signifie “situé après le temps”, en l’occurrence après le premier temps : donc sur le deuxième temps.

 

Comme la mesure de 4/4 (4 noires par mesure) est universelle à 99% de la musique européenne, nous emploierons donc l’after beat en  4/4 :  la première noire est un silence, la deuxième un coup de caisse claire, la troisième un silence et la quatrième un coup de caisse claire.

On retrouve la régularité, la symétrie, et la répétition

Se démarquer des autres rythmes

Une fois cette base mise en place, tout le challenge consistera à écrire LE truc qui fera la différence entre votre morceau et celui des autres.

Il faut donc étoffer l’after beat pour lui donner du cachet !

Pour cela : utilisons un tableau pour diviser notre mesure en 16 doubles croches égales .

Dans ce tableau, les deux coups de l’after beat sont représentés par des croix .

 

caisse claire x x
grosse caisse

Reste à y ajouter la grosse caisse.

Pour ce faire deux méthodes :

Le remplissage aléatoire qui peut donner de bons résultats .

OU

L’emploi de groupes de notes pour espacer harmonieusement les rythmes.

Pour ce faire, employons des groupes de 2 et 3 doubles croches.

Nous avons 16 doubles croches en tout et pour tout pour placer nos coups de grosse caisse.

Le total d’une séquence de 2 et 3 devra donc faire 16 au maximum.

par exemple :

2 3 2 2 3 2 2  = 16

3 3 2 3 2 3 = 16

2 2 3 2 2 3 2 = 16

3 2 3 2 2 2 2 = 16

Toutes ces séquences font 16 doubles croches au total.

Retranscrites dans le tableau pour la grosse caisse cela donnera :

grosse caisse : 2 3 2 2 3 2 2

composer une rythmique de batterie 1

caisse claire x x
grosse caisse x x x x x x x

 

 

grosse caisse : 3 3 2 3 2 3

composer une rythmique de batterie 2

caisse claire x x
grosse caisse x x x x x x

 

 

grosse caisse : 2 2 3 2 2 3 2

composer une rythmique de batterie 3

caisse claire x x
grosse caisse x x x x x x x

 

grosse caisse : 3 2 3 2 2 2 2

composer une rythmique de batterie 4

caisse claire x x
grosse caisse x x x x x x x

 

Vous remarquerez que le coté régulier et symétrique de notre rythme n’est absolument pas présent dans notre pattern de grosse caisse. Mais cela ne pose aucun problème car la caisse claire se positionne comme contrepoint rythmique et compense largement la découpe irrégulière de la grosse caisse.

En somme, on peut quasiment écrire ce qu’on veut dans les basses tant qu’une couche supérieure et régulière est présente dans les aigus.

La basse et la grosse caisse

La grosse caisse et la basse sont des instruments qui jouent un rôle identique dans la musique.

Pour plus d’infos sur ce sujet, lisez cet article : la basse et la batterie.

En vérité, vous pouvez copier le rythme composé pour la grosse caisse et le recopier tel quel pour un rythme joué sur une basse.

 

Alléger la grosse caisse

Afin de donner un peu d’air et décupler ainsi l’impact et la présence des notes de basse et de grosse caisse, nous pouvons alléger quelque peu la densité de l’information en regroupant les notes par paires.

Nous procèderons  en regroupant les groupes de 2 et 3 de manière à former :

soit un groupe de 5 ( 2+3)

soit un groupe de 4 ( 2 +2 )

soit un groupe de 6 (3+3).

Pour rappel : ces valeurs sont des doubles croches

Exemples avec le rythme 2 3 2 2 3 2 2

Nous pourrions procéder de cette façon  : 2+3, 2, 2+3, 2+2 ce qui donnerait  : 5, 2, 5, 4

Dans le tableau cela donne

5 2 5 4 pour la grosse caisse

composer une rythmique de batterie 5

caisse claire x x
grosse caisse x x x x

Nous aurions tous aussi bien pu les grouper de cette façon :

2 ,  3+2 , 2 ,3+2, 2         =            2, 5, 2, 5, 2

composer une rythmique de batterie 6

 

OU ENCORE

2, 3 ,2 +2 ,3+2 ,2       =        2 ,3,4,5,2

composer une rythmique de batterie 7

 

Utilisez le tableau pour vous repérer si cela vous semble trop compliqué …

 

La touche finale

Afin de parfaire notre rythmique, nous allons ajouter un troisième élément dans le suraigu, au-dessus de la caisse claire.

Ce sera du charleston.

Pour ce faire, voici différents patterns de charleston habituellement rencontrés dans la musique pop.

Ils sont tous composés d’un temps ou de quatre doubles croches

Vous pouvez choisir n’importe lequel car ils fonctionneront toujours avec l’after beat de la caisse claire Sourire

composer une rythmique de batterie 8

 

Voici le rythme de charleston 1 copié sur le tableau reprenant la découpe  5 2 5 4

 

charleston x x x x x x x x x x x x
caisse claire x x
grosse caisse x x x x

 

Le fait d’ajouter un accent au charleston sur le temps ou sur le contre-temps renforcera le côté dansant du rythme et allègera la rythmique.

 

Cet article vous a aidé ? Dites-le moi dans les commentaires.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Salut Xavier,

    Très intéressante ta méthode! Il y a tellement de façon de créer que c’est souvent la cause même du soucis pour plusieurs. Et je comprends très bien… surtout lorsqu’on commence!

    Du coup, ton approche « mathématique » fonctionne très bien et il s’agit simplement de suivre les étapes que tu donnes! J’aime le fait qu’on n’a pas vraiment idée du résultat final jusqu’à ce qu’on le joue à la toute fin! C’est une surprise qui se dévoile à nous! Si tu me permets, je garde tout ça frais en mémoire et je compte bien l’enseigner à certains de mes élèves! Je suis sur qu’ils apprécieront! 😉

    Aussi, si ça te dit, j’ai également une approche différente et similaire à la fois pour créer jusqu’à 4 100 625 rythmes sur commande. J’appelle ça ma « Machine à Rythmes ». Si tu as envie de la découvrir et d’expérimenter avec, je serai ravis d’avoir ton feedback!

    Merci Xavier, très pertinent ce post!

  2. super article, et je trouve que c systéme de grille qu’il me semble, avoir deja vu, et trés ludique .
    en tous les cas vu sous cet angle, c moins rébarbatif, que les partitions .
    merci a toi , Xavier

    • Salut batteur fou !

      Je n’ai malheureusement pas réalisé d’audio ou de vidéo pour cet article car il est centré sur une technique de composition et non sur l’interprétation.

      Les prochains articles seront par contre illustré, comme d’habitude 🙂